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Le nouveau consulat canadien au Groenland suscite de l’espoir

L’ouverture d’une nouvelle mission diplomatique canadienne au Groenland suscite l’espoir d’une collaboration accrue sur les changements climatiques, les droits des Inuits et la défense, face aux menaces d’annexion du président américain, Donald Trump.

Dylan Robertson

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, inaugurera officiellement le nouveau consulat, vendredi, à Nuuk, la capitale groenlandaise, où l’établissement est déjà en activité depuis plusieurs semaines.

«Cela aurait dû se produire il y a 300 ans», estime Aaju Peter, avocate et artiste inuite d’Iqaluit, qui est née au Groenland.

«Nous avons tellement à apprendre des échanges et de la collaboration.»

Selon Mme Peter, le consulat pourrait permettre aux Inuits du Canada de tirer des enseignements précieux des Inuits du Groenland sur l’amélioration de leurs conditions de vie.

Elle témoigne également de la solidarité du Canada envers un territoire confronté à une menace sans précédent.

Donald Trump exige le contrôle des États-Unis sur le Groenland et n’a que récemment renoncé à ses menaces d’utiliser la force pour s’emparer de ce territoire danois.

«Cela a engendré beaucoup de stress (…) C’est une menace bien réelle», a-t-elle relaté.

Selon Mme Peter, les dirigeants du Groenland sont parvenus à maintenir le calme, mais les habitants ont du mal à rassurer leurs enfants quant à leur sécurité.

«Beaucoup de Groenlandais, moi y compris, nous sommes sentis menacés, car nos familles et nos amis étaient confrontés à ce genre de discours», a confié Mme Peter, qui a organisé une grande manifestation à Iqaluit en soutien au Groenland le 17 janvier.

L’escalade verbale du président Trump concernant le territoire a entraîné une série de réunions de haut niveau en Europe et des avertissements quant à un possible effondrement de l’OTAN.

Ses menaces ont dominé les débats au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le mois dernier, où le premier ministre Mark Carney a prononcé un discours largement salué, exhortant les puissances moyennes à s’unir contre l’hégémonie des grandes puissances.

M. Trump a également évoqué à plusieurs reprises la possibilité de faire du Canada un État américain. À Nuuk, on a pu voir des personnes porter des vêtements arborant le message «Le Groenland n’est pas à vendre», un slogan similaire à celui popularisé au Canada par le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford.

UN PROJET DE LONGUE DATE

Le Canada avait entamé la planification d’un consulat au Groenland avant même les récentes déclarations de M. Trump concernant l’annexion.

Le gouvernement groenlandais a promis d’ouvrir un bureau diplomatique au Canada en février 2024; il sera probablement situé au sein de l’ambassade du Danemark à Ottawa.

En décembre 2024, le gouvernement Trudeau s’est engagé à ouvrir des consulats à Nuuk et à Anchorage, en Alaska, afin d’inciter l’OTAN à se concentrer davantage sur les menaces dans l’Arctique.

La politique étrangère du Canada pour l’Arctique précise que les changements climatiques ouvrent de nouvelles routes maritimes au moment même où le monde recherche des minéraux et du gaz qui pourraient devenir plus accessibles. ■

CANADA

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2026-02-06T08:00:00.0000000Z

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